Samedi, Février 25, 2017

EXERCICE REGROUPÉ : maison ou centre de santé ?

Activité et gestion des structures, statut des professionnels, montage de projets, facteurs de risque et de réussite, paroles d’acteurs : des éléments clés pour éclairer ce qui les distingue et ce qui les rapproche.

Maison ou centre de santé, un choix difficile

Dans le paysage de l’exercice regroupé, les maisons de santé unisite et multisite (nouvelle appellation des pôles de santé) et les centres de santé rivalisent de dynamisme. Le ministère de la Santé dénombrait début 2016 un peu moins de 800 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) en fonctionnement, contre 174 en 2012. Plusieurs centaines de MSP supplémentaires devraient voir le jour dans les années à venir, dont 382 projets déjà sélectionnés. Ces MSP sont présentes sur l’ensemble du territoire. Si leur histoire est bien plus ancienne – elle remonterait à Louis XIII et au dispensaire gratuit pour les pauvres créé par Théophraste Renaudot –, les centres de santé sont aussi plus difficiles à comptabiliser en raison de leur hétérogénéité. Ils seraient aujourd’hui 1 700 au total (y compris les centres dentaires et infirmiers), dont 500 centres médicaux ou polyvalents. Historiquement bien plus présents en ville qu’à la campagne et davantage dans certaines régions, notamment l’Île-de-France et le Nord-Pas-de-Calais.

CE QUI LES RAPPROCHE

De par leur activité, MSP et centres de santé n’ont sans doute jamais été aussi proches. La loi de santé 2016 définit ainsi l’équipe de soins primaires comme « un ensemble de professionnels de santé constitué autour de médecins généralistes de premier recours, choisissant d’assurer leurs activités de soins […] sur la base d’un projet de santé qu’ils élaborent », équipe qui « peut prendre la forme d’un centre de santé ou d’une maison de santé ». Système d’information partagé, coordination, protocoles pluriprofessionnels de soins, accueil des internes, nouveaux modes de rémunération forfaitaires en plus du paiement à l’acte, actions de prévention et de santé publique, sont autant de points communs entre ces deux types de structures. Du côté des différences majeures, demeurent donc le statut des professionnels y exerçant – libéral en MSP, salarié en centre de santé –, la gestion de la structure – par les professionnels constitués en personne morale pour la MSP, par une collectivité, une association ou encore une mutuelle pour le centre de santé –, et l’obligation de tiers payant et de respect des tarifs opposables dans le centre de santé.

Quant aux grandes vertus que l’on prête à ces différentes formes de regroupement, elles sont voisines : préserver l’accès aux soins, améliorer les conditions de vie privée et professionnelle de leurs membres, faciliter l’arrivée des jeunes médecins qui plébiscitent l’exercice en groupe, bonifier les pratiques via la coordination et la protocolisation…

UNE SOLUTION À LA DÉSERTIFICATION MÉDICALE ?

Les pouvoirs publics ont fait du développement des centres et maisons de santé une mesure phare de leur politique (pacte territoire santé, quartiers prioritaires de la politique de la ville) pour lutter contre les « déserts médicaux ». L’Association des petites villes de France (APVF), qui a publié en 2016 les résultats d’une enquête sur l’offre de santé dans les petites villes et les réponses des maires(1), confirme la forte mobilisation des élus en ce sens. « Nous pensons que les structures d’exercice en commun de la médecine constituent l’une des solutions à la désertification médicale. Elles correspondent en effet à l’une des revendications fortes des médecins, et notamment des jeunes, qui ne souhaitent plus exercer seuls en cabinet comme leurs prédécesseurs le faisaient », affirme la présidente de sa commission santé et offre de soins, Nathalie Nieson, députée-maire de Bourg-de-Péage (Drôme).

 

Auteurs: 
Catherine Holué