Vendredi, Septembre 22, 2017

PROTOCOLES PLURIPROFESSIONNELS. Viser l’utilité

Alors que se développent les équipes de soins primaires, les protocoles pluriprofessionnels formalisent de nouvelles manières de travailler ensemble. Quelle est leur utilité, comment les élaborer : des clés pour réussir.

Les protocoles, c’est quoi ?

Le terme peut inquiéter. Pourtant, un protocole pluriprofessionnel ne devrait constituer qu’un support naturel au travail en équipe. Être pragmatique et viser la simplicité : tels sont les enjeux essentiels liés à l’établissement de protocoles pluriprofessionnels, qui permettent à la fois de situer le périmètre d’action de chacun et de convenir d’une façon de faire partagée au sein de l’équipe.

 

La révolution des soins primaires qui se joue depuis quelques années, traduisant le passage d’un exercice solitaire à un exercice en équipe pluriprofessionnelle, impose de rebattre les cartes. Parce que les messages donnés au patient doivent être cohérents et parce que les maladies chroniques et le développement des comorbidités pour une majorité de malades de plus de 60 ans deviennent la règle, il est nécessaire de formaliser un travail coordonné entre plusieurs professionnels qui suivent durablement un patient. Il faut également fournir des réponses aux problèmes plus spécifiques rencontrés lors des prises en charge. Éviter les accidents iatrogéniques grâce à un protocole AVK ; dépister les risques de dénutrition des personnes âgées ; mieux prendre en charge le mal perforant du pied du diabétique… Les thèmes des protocoles pluriprofessionnels sont aussi variés que les points critiques ou besoins identifiés lors des réunions de concertation clinique, de la rédaction d’un projet de santé, via le suivi d’indicateurs ou grâce aux retours des patients. « Les thèmes prioritaires sont ceux qui préoccupent l’équipe », souligne le Dr  Pierre De Haas, ancien président de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS) et qui, depuis plus de dix ans, mène une action sur la protocolisation des soins, en lien avec la Haute Autorité de santé (HAS).

UNE PROCÉDURE INITIALEMENT COMPLEXE

En une décennie, la réflexion engagée sur les protocoles a évolué, dans une optique de pragmatisme et de simplification. Dès 2006 et la création de la FFMPS, il est apparu nécessaire de mettre en place de nouvelles manières de travailler en équipe de soins primaires. Les enjeux pour la HAS qui crée un groupe de travail sur le sujet sont alors ambitieux, pressentant que cette affaire de protocoles était l’avenir, peut-être beaucoup plus que le système de recommandations et guidelines, la plupart étant de surcroît monopathologiques. Il s’agit de « faciliter le travail en équipe à un niveau local ou territorial, d’améliorer l’articulation entre les soins de premier et de deuxième recours, de faciliter l’appropriation des bonnes pratiques et de participer à l’introduction des bonnes pratiques professionnelles dans le dossier patient informatisé et partagé », indique-t-elle.

 

Auteurs: 
Gaëlle Desgrées du Loû