Vendredi, Décembre 20, 2019

« MA SANTÉ 2022 ». Premier bilan en demi-teinte

« Transformer les organisations, décloisonner les soins, déployer des outils numériques performants. » C’est la réponse promise par Agnès Buzyn pour adapter un système de santé « à bout de souffle » à l’évolution des attentes et des besoins des professionnels et des patients. Un an après, quel bilan ?

Un plan, 79 projets : quel état des lieux ?

Alors que d’ici à 2022, 1 000 communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) doivent être créées, les professionnels ont besoin d’être accompagnés.
Le ministère de la Santé annonce le recrutement de 5 000 assistants médicaux d’ici à 2022. Quelle déclinaison en régions ?
Un plan trop ambitieux ou pas assez ? Quand certains fustigent la « casse de la médecine libérale », d’autres dénoncent le manque de projection à long terme et appellent à l’instauration d’un « véritable service public de la santé de proximité ».

Quinze mois après le lancement du plan « Ma santé 2022 », Agnès Buzyn assurait en septembre dernier que 2020 serait l’année de l’application « territoire par territoire, au bénéfice des patients », la première année ayant permis « la mise en place des outils nécessaires » : « 95 % des projets ont été engagés, et les résultats sont déjà perceptibles dans les territoires. » Le foisonnement de réunions de concertation témoigne de l’effervescence ambiante, avec l’ouverture de cinq grands chantiers : qualité des soins et pertinence des actes, organisation territoriale, modes de financement, ressources humaines et formation, et numérique. Chiffres à l’appui, l’Avenue Duquesne assure que la lutte contre la désertification médicale s’est amplifiée. Depuis mars 2017, le nombre de maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) a ainsi progressé de près de 40 % quand le nombre de centres de santé médicaux polyvalents a augmenté de 25 %. Destinés à favoriser une plus grande coordination des professionnels de santé libéraux sur un territoire et à garantir un meilleur accès aux soins, 400 projets de CPTS ont été recensés sur l’ensemble de la France et 1 000 CPTS sont annoncées pour 2022.

Le premier conventionnement avec l’Assurance maladie a eu lieu en septembre dernier avec celle de Vénissieux, dans le Rhône, qui compte actuellement 154 professionnels de santé libéraux et collabore avec les structures médico-sociales. L’entrée en fonction des 50 premières infirmières en pratique avancée (avec un élargissement de leur formation en 2019 à la santé mentale et à l’activité d’urgence en 2020), les 60 premiers postes pourvus de médecins généralistes salariés ou en exercice mixte dans les territoires prioritaires (sur les 400 promis) et la signature des accords conventionnels qui doivent permettre de recruter 5 000 assistants médicaux d’ici à 2022 sont les autres points forts de ce premier bilan.

Quant au pacte de refondation des urgences, qui vise à centraliser la réponse à l’ensemble des besoins de soins 24 h/24, il doit « accélérer la mise en œuvre de “Ma santé 2022” ». Annoncé pour l’été 2020, le service d’accès aux soins (SAS) sera territorial et piloté de concert par les acteurs hospitaliers des [...]

 

Auteurs: 
Gaëlle Desgrées du Loû et Karen Ramsay