Novembre 2018

CANCER DU SEIN L’offre de soins mise sur la prévention et le dépistage

Christine Maillard

LE CENTRE DU SEIN VEUT DÉSTIGMATISER LE CANCER

Dépistage et diagnostic précoce sont proposés depuis fin 2017 dans les 4 espaces de consultation de ce centre. La prise en charge est personnalisée (en fonction de l’âge, de projets de maternité, du contexte socio-familial, et des besoins des patients ; en cas d’antécédents familiaux, une consultation d’oncogénétique est organisée au centre du sein) ; et complète, jusqu’à la reconstruction mammaire, voire la récidive, en lien avec le centre du rachis, par exemple pour une cimentoplastie, en cas de métastases osseuses, ce centre étant au sein du GHPSJ. Le centre table sur une concertation initiale, « au moindre doute », du radiologue et du chirurgien au moment du dépistage (mammographie, numérique, en 3D avec tomosynthèse) ; le Dr Séverine Alran, chirurgienne sénologue et gynécologue, qui coordonne ce centre, précise que pour les lésions atypiques (toujours opérées, car 15 % s’avèrent cancéreuses), la discussion se fait entre le radiologue et le chirurgien, tandis que pour les cancers, la discussion se fait en réunion de concertation pluridisciplinaire ; le centre dispose d’une équipe de chirurgiens, oncologues médicaux, radiologues, anatomopathologistes, radiothérapeutes, psychologues, infirmières d’annonce, référente oncologie et de coordination, kinésithérapeutes... Deux à trois semaines sont requises entre la détection d’un cancer après biopsie (profilage moléculaire possible selon le pronostic de la tumeur) sous contrôle échographique ou mammographique et le passage au bloc. Ce centre est l’un des rares en France à utiliser des dispositifs magnétiques (Magseed), placés dans le sein un mois avant l’intervention (évitant le fameux « harpon » laissé en place la veille de l’intervention) pour repérer précisément les lésions mammaires non palpables puisque « 40 % des patientes ont des lésions non palpables, mais seulement visibles en échographie, mammographie ou IRM ». Les traitements conservateurs sont privilégiés, 90 % de la chirurgie du sein se fait en ambulatoire grâce à une organisation optimale entre les services de consultations, d’anesthésie, de l’unité de chirurgie ambulatoire, et du bloc opératoire. Pour que le parcours se déroule au mieux pour la patiente, le GHPSJ a mis l’accent sur une information à la portée des patientes (livret d’information, validé par l’association « Mon réseau cancer du sein ») et une consultation d’annonce par une infirmière référente en cancérologie. La reconstruction mammaire chirurgicale, immédiate ou différée, est proposée dès la première consultation en lien avec les chirurgiens plasticiens « qui participent à la dédramatisation ». Ce centre envisage d’accueillir plus de mille consultantes par mois.