Le Concours Médical
Novembre 2020

PORTRAIT. Thierry Pêchey : au nom de la profession infirmière

Depuis le début de sa carrière, cet infirmier libéral à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) s’est imposé naturellement comme un défenseur de la profession. À 56 ans, le syndicaliste s’attache désormais à développer la coordination entre tous les professionnels de santé afin de favoriser le partage de compétences.

 

Lorsqu’on lui demande s’il envisage de mettre fin à ses multiples engagements, Thierry Pêchey marque un léger temps de réflexion. « Je vais vous dire oui, mais on en reparlera dans dix ans », répond-il, amusé. Secrétaire adjoint de la confédération syndicale Convergence infirmière, membre du Conseil national et régional de l’Ordre national des infirmiers, vice-président de l’URPS Grand Est... Il accumule les casquettes depuis plus de vingt ans. « C’est là que je prends du plaisir, peut-être même plus que dans mon métier : l’un des plus beaux du monde, mais qui devient hyper-routinier à cause de l’administratif et des heures passées en voiture », confie l’infirmier libéral.

Cette adrénaline, le Mosellan d’origine la retrouve aussi, et peut-être même davantage encore, dans son engagement en faveur de l’exercice coordonné. En 2018, il fonde l’une des premières équipes de soins primaires (ESP) du Grand Est, sur le secteur de Dommartemont, Essey-lès-Nancy et Saint-Max, trois communes proches de la capitale des ducs de Lorraine. « Là aussi, j’étais un des meneurs », déclare Thierry Pêchey, qui se félicite d’être parvenu à monter pas moins de 25 ESP dans la région en un temps record. Une trentaine d’autres équipes sont à ce jour dans les « starting-blocks », mais attendent « que les tutelles suivent ».

 

« D’ÉGAL À ÉGAL »

Fort de sa rencontre en janvier 2019 avec le Dr Michel Varroud-Vial, à l’époque conseiller spécial soins primaires à la DGOS, l’infirmier « conceptualise » ce qu’il faisait déjà de manière informelle avec ses confrères. Fédérateur, il aide tous ceux qui le souhaitent à se lancer dans « l’aventure » des ESP pour le bien du patient mais aussi pour que la profession infirmière soit visible. « Quand on est une structure à 15, 20 ou 30 personnes, on est beaucoup plus forts et plus écoutés que si on était seul. Et puis vous êtes aussi l’interlocuteur de l’ARS. »