Le Concours Médical
Mai 2016

Simulation en santé : "jamais la première fois sur le patient"

Laure Martin
Début février 2016, le plus grand centre européen de simulation polyvalente en santé a ouvert ses portes au CHU d’Amiens. Ce dispositif de simulation, utilisé pour l’apprentissage des futurs professionnels de santé, a gagné sa place en France.

 

« À l’heure actuelle, la quasi-totalité des CHU sont équipés d’un centre de formation par simulation », rapporte le Pr Jean-Claude Granry, chef du pôle anesthésie- urgences-réanimation du CHU d’Angers, et président de la Société francophone de simulation en santé. Début février, c’est au CHU d’Amiens que le plus grand centre d’Europe, SimUSanté, a ouvert ses portes. Dans ce bâtiment de trois étages (3 600 m2), répartis autour d’une cinquantaine d’espaces de simulation et de 150 mannequins et simulateurs de haute technologie, on prévoit de former chaque année 8 000 étudiants en médecine, élèves infirmiers et sages-femmes, aides-soignants, ainsi que des médecins généralistes, urgentistes et pédiatres dans le cadre de leur formation continue. Cette structure a reproduit les environnements de travail quotidien des professionnels de santé – salle d’accouchement, de radiographie, etc. – pour une mise en situation, afin qu’ils puissent acquérir ou perfectionner leurs gestes médicaux et leur relation avec les patients.

À l’heure actuelle, la simulation n’est obligatoire que dans la formation des infirmiers mais pas pour les médecins. Cependant, « les étudiants sont très demandeurs tout comme les associations de patients », souligne le Pr Granry. Il paraît en effet toujours préférable de s’exercer sur des mannequins, en particulier pour les examens agressifs et invasifs, avant de les réaliser sur les patients. « La simulation est efficace pour les gestes médicaux ou médico-techniques, dans la première phase d’apprentissage, lorsque l’apprenti est un peu gauche et ne va pas faire le geste de façon convenable, adaptée et sûre », souligne le Dr Jacques Lucas, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) et délégué général aux systèmes d’information en santé. La simulation va permettre l’acquisition de la sûreté et de la précision du geste dans cette phase qui ne nécessite pas la présence physique humaine. « Elle permet aussi d’éviter le défilé des externes et des internes au lit du patient comme à mon époque », ajoute-t-il.